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Les partenaires sociaux comme acteurs des politiques de migration de travail : Une comparaison multi-échelle des syndicats et organisations patronales en France et en Allemagne

2025-2028 , Nouveau
François-Xavier DEVETTER, Marcus KAHMANN
IAQ, Université de Duisburg-Essen
Thomas HAIPETER, Kyriakos MELIDIS

La mondialisation, le changement démographique, l’intégration européenne et l’intensification des mouvements migratoires ces dernières années ont conduit à une réévaluation du rapport entre migration et travail. Le travail rémunéré est de plus en plus considéré comme une condition centrale pour l’octroi du permis de séjour et l’acquisition de la nationalité. Cela s’accompagne d’une revalorisation des organisations patronales et syndicales en matière de politique migratoire qui, par leurs multiples possibilités d’intervention au niveau du système politique, de la négociation collective et dans l’entreprise, ont une influence décisive sur l’inclusion ou l’exclusion économique et sociale des travailleurs migrants.

Dans ce contexte, le projet de recherche analyse, dans une perspective comparative, les stratégies et les pratiques actuelles des organisations patronales et syndicales françaises et allemandes en matière de réglementation de la migration et d’intégration des travailleurs migrants par le travail et dans les syndicats. L’analyse fait la distinction entre trois niveaux de comparaison différents : La comparaison entre les acteurs sociaux et la comparaison entre les pays sont en outre complétées par une comparaison sectorielle de deux branches très différentes : l’industrie métallurgique et électrique d’une part et l’industrie du nettoyage des bâtiments d’autre part. Les stratégies et pratiques centrales sont prises en considération tant au niveau national, sectoriel que local/d’entreprise des fédérations.

L’approche méthodologique est centrée sur l’exploitation du savoir organisationnel des organisations patronales et syndicales par le biais d’interviews d’experts qui, en raison de l’état de l’art de la recherche, sont à la fois exploratoires, systématisantes et génératrices de théorie. Au total, environ 150 interviews seront réalisées aux différents niveaux des organisations syndicales et patronales concernées dans les deux pays. En complément, des documents seront intégrés dans l’analyse. L’exploitation des entretiens et des documents se fera à l’aide de la méthode de l’analyse de contenu qualitative. Les résultats de la recherche sont d’abord résumés sous forme d’études de cas sectorielles pour les pays respectifs. Sur cette base, des études de cas d’acteurs sociaux et de pays sont élaborées, qui sont ensuite réunies dans une analyse comparative.

Ce projet est financé par l’Agence nationale de recherche (ANR) et la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DfG).