La question de l’attractivité des métiers dans le secteur du vieillissement et de la perte d’autonomie a, à nouveau, été inscrit comme une priorité par le récent rapport Libault, qui préfigure la future loi sur le grand âge et l’autonomie. Ce champ qui emploie plus d’un million de salariés dans les établissements et service d’aides à domicile demeure marqué par des conditions de travail et d’emploi de mauvaise qualité. Les questions liées au sens du travail et au sentiment de manque de reconnaissance pèsent également sur l’attractivité du secteur. Ces difficultés en matière de qualité de l’emploi se répercutent sur la qualité des services rendus aux usagers.
Un équilibre « mauvaise qualité de l’emploi – basses qualifications – faible reconnaissance sociale » semblent enfermer ces emplois dans une ‘trappe à précarité’. Quelles sont les marges de manœuvre pour (ré)organiser le travail dans une dynamique de professionnalisation ?
Mots clés : perte d’autonomie, aide à domicile, Ehpad, qualité de l’emploi
L’objectif de ce projet est d’étudier de manière approfondie trois expériences innovantes relatives à trois éléments clés jouant un rôle déterminant sur la qualité des emplois :
– Les modalités de financements : des financements publics accrus et dépassant la logique de la tarification horaire et/ou du cloisonnement des budgets permettent-ils d’initier un cercle vertueux permettant amélioration de la qualité des emplois et des services ? Si oui, peut-on en évaluer l’impact budgétaire ?
– La délimitation des frontières du secteur. Quels sont les modes de financement des expérimentations ayant pour objectif de créer davantage de passerelles entre établissements et domicile ? Ont-elles des impacts positifs sur les emplois proposés ?
– Les modalités d’organisation du travail et de gestion des ressources humaines : l’hypothèse principale ici est que l’organisation traditionnelle des services demeurent très spécialisée et que les salariées concernées perdent ainsi en autonomie. Nous souhaitons, à partir d’expérimentations en cours ou annoncées, analyser l’impact de formes d’organisation du travail accordant une plus grande autonomie aux salariées. Celles-ci-jouent-elles un rôle positif tant pour la qualité des emplois que pour celle des services rendus ?
Deux problématiques transversales peuvent être mentionnées en parallèle. La première interroge les frontières entre soin et accompagnement que ce soit dans les modalités de financements, les articulations entre établissements et domiciles ou encore dans les nouveaux modèles organisationnels repérés. La seconde s’appuie plus directement sur le travail de thèse réalisé par Oriane Lanseman et questionne la place de segments spécifiques de la main d’œuvre et tout particulièrement le groupe des « mères seules », largement surreprésentées dans les secteurs d’activité qui nous intéressent. Si cette surreprésentation joue un rôle prioritairement l’axe 3 relatifs à l’organisation du travail, elle vient également interroger les frontières entre domicile et établissements.