Projets

Une féminisation du dialogue social transnational ? Les cas des Comités d’Entreprise Européens allemands et français

2026 , En démarrage
Anna FRISONE
Anna FRISONE, Marcus KAHMANN (IRES) ; Sophie ROSENBOHM, Paul-Fiete KRAMER (Université de Duisbourg-Essen, IAQ)
Fondation Hans Böckler

La promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes figure parmi les priorités de la Commission européenne. La révision de la directive 2009/38/CE sur les comités d’entreprise européens (CEE) envoie un message fort sur l’équilibre entre les hommes et les femmes. Les syndicats sont amenés à réfléchir et à agir sur cette question.
Opérant dans les secteurs de la métallurgie, de la chimie et des technologies de l’information, IndustriAll est la fédération syndicale européenne qui accueille le plus grand nombre de CEE. En raison de la faible proportion de travailleuses dans son domaine, elle est particulièrement touchée par les mesures réglementaires visant à augmenter la proportion de femmes dans les CEE (objectif, non contraignant, de 40% de représentants pour chaque genre).
Le projet relève ce défi en étudiant les mécanismes et les processus qui conduisent les représentants des travailleurs à assumer le rôle de secrétaire de CEE des entreprises multinationales dans le domaine d’IndustriAll Europe.
Les observations d’une étude internationale (EWCaB), à laquelle ont participé Anna FRISONE et Marcus KAHMANN, suggèrent une différence significative dans la présence des femmes parmi les secrétaires de CEE dans les deux pays les plus importants en termes de présence de CEE, l’Allemagne et la France. Dans les multinationales allemandes, la proportion de femmes présidentes de CEE est encore limitée. Le rôle du secrétaire de CEE est souvent couvert par le Gesamtbetriebsrat et est donc très intégré dans les processus nationaux de représentation des travailleurs au niveau de l’entreprise. En France, la présence des femmes semble plus forte qu’en Allemagne, mais aussi que dans d’autres instances de représentation au niveau national. La recherche vise à étayer et à expliquer ces trajectoires d’accès au mandat de président de CEE propres à chaque pays (et potentiellement à chaque secteur) en fonction du genre.
Les résultats de ce projet seront utiles aux syndicats dans leur quête d’une participation égalitaire aux organes de représentation des travailleurs. Il est scientifiquement innovant dans la mesure où il aborde la question de la représentation des travailleurs d’un point de vue du genre, en intégrant des analyses quantitatives et qualitatives, et en abordant la question de la représentation transnationale en relation avec les dynamiques et institutions de relations professionnelles nationales.

Mots clefs : Comité d’entreprise européen ; comparaison internationale ; genre ; trajectoires ; transnationalisme ; Directive CEE révisée