Ce document propose une estimation macro-comptable de la valeur des biens et services consacrés par la société aux enfants, valeur dénommée, par raccourci, « dépenses pour les enfants » ou « coût des enfants ». Il s’attache à discuter et présenter en détail et de façon transparente la démarche suivie et les nombreux choix méthodologiques nécessaires à une telle estimation. Les résultats portent sur la période 2010-2024. Ils distinguent en particulier les biens et services selon qu’ils sont fournis par les ménages ou par les administrations, dans une perspective d’évaluation des politiques publiques.
La valeur des biens et services consacrés par la société pour les enfants de moins de 20 ans est estimée à environ 590 Md€ en 2024. Ce qui signifie qu’élever un enfant de moins de 20 ans représente pour la société un coût moyen de 37 500 € par an. 41 % de ce coût est supporté par les administrations publiques (15 300 €) à 82 % à travers des prestations en nature (éducation, santé, services, crèches, etc.) et 18 % par des transferts en espèces non affectés (allocations familiales, bourses, etc.). 59 % des biens et services sont fournis par les ménages, 36 % étant autoproduits par les ménages à travers leurs activités domestiques non rémunérées (13 400 €) et 23 % acquis sur le marché (8 800€, soit 11 600 € de dépenses des ménages déductions faites de 2800 € de prestations sociales non affectées).
Globalement, la valeur des biens et services consacrés par la société pour les enfants de moins de 20 an, rapportée au Pib, a diminué entre 2010 et 2024. Cette diminution s’explique par la baisse de la part du nombre d’enfant de moins de 20 ans, passée de 24,7 à 22,9 % de la population. Si l’on tient compte de cette dernière évolution, l’effort moyen par enfant, mesuré par le montant des dépenses par enfant rapporté au Pib par tête est resté stable (à l’exception de la valeur des biens et services fournis par les ménages à travers leurs activités domestiques non rémunérés qui a diminué). Ce constat d’une grande stabilité de l’effort moyen par enfant vaut pour les dépenses en espèces des ménages (biens et services acquis sur le marché) et pour les dépenses publiques, et parmi ces dernières, tant pour les dépenses d’éducation, les dépenses de santé que pour les autres dépenses publiques au titre de « la politique familiale ». Toutefois, dans cette dernière catégorie fourre-tout regroupant divers dispositifs, la stabilité de l’effort masque des évolutions très contrastées selon les catégories de dépenses. L’effort pour les enfants (les dépenses moyennes par enfant rapportées au Pib par tête) a ainsi fortement diminué pour les prestations familiales, les frais de gestion de la branche famille et les suppléments enfants des allocations logement, du RSA et la prime d’activité tandis que, à l’inverse, cet effort a très fortement augmenté pour les dépenses de prestations pour enfants handicapés, pour l’aide sociale à l’enfance et pour les dépenses d’action sociale de la branche famille.