Article publié dans la revue Transfer éditée par l'ETUI, juillet 2025.
L’internalisation des services publics externalisés, qui permet de « faire » du travail décent au lieu de l’« faire faire », figure désormais dans les débats politiques et constitue une priorité politique commune des mouvements syndicaux et des syndicats qui comptent des membres dans le secteur public. En théorie du moins, le fait de replacer les travailleurs dans le cadre des règles et des normes régissant l’emploi direct dans le secteur public est un moyen particulièrement simple et efficace d’augmenter les niveaux de rémunération, d’améliorer les horaires de travail et de faciliter l’expression collective des travailleurs. Par le passé, l’externalisation du secteur public est intervenue dans le cadre de ce que l’on a pu appeler un « néolibéralisme différencié ». De même, les formes actuelles d’expérimentation organisationnelle et institutionnelle tendent à être des processus partiels et fragmentés de sortie du marché via la ré-internalisation. À partir des enquêtes de terrain réalisées en Allemagne, France et au Royaume-Uni cet article examine les différentes trajectoires suivies par ces processus de ré-internalisation partielle; il analyse la manière dont ces processus sont marqués par les héritages du passé et dans quelle mesure les tendances conjoncturelles actuelles visent, dans une certaine mesure, à corriger ces héritages.