Article publié La nouvelle revue du travail 27/2025, dans le dossier « Syndicalismes en Afrique ».
Dans la révolution tunisienne amorcée fin 2010, les enjeux liés au travail ont été au cœur des revendications. Des grèves massives ont été observées dans tous les secteurs d’activité, lesquelles se sont accompagnées d’un développement important du syndicalisme, en particulier dans les entreprises privées fortement féminisées, jusque-là aux marges de l’action syndicale. La crise politique en Tunisie a entraîné également une défatalisation des rapports de genre, notamment dans le monde du travail, avec l’engagement massif des travailleur·euses dans les protestations. Pourtant, les dynamiques sociales et syndicales à l’œuvre dans le secteur des centres d’appels, étudié ici, mettent en évidence le maintien du monopole des hommes à la tête des syndicats et des grèves. Comment comprendre cette résistance aux transformations de rapports de genre ?