Histoire
À la fin des années 1970, une série de rapports publics se sont inquiétés du monopole administratif dans le domaine de l’expertise économique et sociale. Le rapport de René Lenoir et de Baudouin Prot commandé par Valéry Giscard d’Estaing en 1979 a joué un rôle de déclencheur dans la recherche de la démocratisation de l’analyse économique et sociale en France.
Ce rapport préconisait la création en France de plusieurs instituts de conjoncture économique indépendants du gouvernement à l’exemple de ceux existant à l’étranger, notamment en Allemagne.
Le rapport a débouché sur la création début 1981 de deux organismes de recherches : l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme de recherche, de prévision et d’évaluation des politiques publiques et l’IPECODE (aujourd’hui COE-REXECODE) proche du patronat puis, en 1982, sur la mise en place de l’IRES, au service des organisations syndicales.
Pierre Mauroy, alors Premier ministre, a eu l’intention de créer un institut commun pour les syndicats. Il l’a fortement encouragé, soutenu activement par le déblocage des moyens indispensables à la recherche : locaux, mise à disposition de personnel, financement.
Henri Guillaume, conseiller technique au cabinet de Pierre Mauroy, à qui le dossier a été confié, a pressé les organisations syndicales à se mettre d’accord et posé deux conditions à l’obtention de la subvention publique : premièrement, tous les syndicats représentatifs des salariés devaient être partie prenante, et deuxièmement, une aide directe à la recherche ne serait accordée que s’il existait une structure commune.
L’IRES dans sa configuration actuelle, est le seul organisme à représenter les syndicats dans leur ensemble et à être financé par des fonds publics, qui participent ainsi structurellement du soutien au débat et dialogue social.
Missions
Les recherches pluridisciplinaires menées par l’Ires sur l’emploi, le travail, les salaires, la protection sociale, les mutations productives et les relations professionnelles s’appuient sur des analyses et approches comparatives approfondies. Elles ont pour vocation d’outiller les acteurs sociaux sur les transformations à l’œuvre dans le monde du travail et d’éclairer le débat social sur des sujets qui appellent expertise, débat et controverse scientifique.
Pour ce faire, l’Ires met à disposition ses publications en accès libre sur son site Internet, organise des événements scientifiques, soutient l’effort de recherche des organisations syndicales.
L’activité de recherche
L’équipe de recherche se compose principalement d’économistes, de politistes et de sociologues. L’activité scientifique de l’Ires porte sur les thématiques d’intérêt pour les organisations syndicales.
Les travaux sur les relations professionnelles analysent l’évolution du syndicalisme, de la représentation des salariés et des employeurs, des négociations collectives notamment au travers de comparaisons internationales.
Ceux qui portent sur l’emploi examinent leurs évolutions et transformations. Ils analysent les dynamiques macro-économiques, les évolutions sectorielles, les formes d’emploi, les stratégies des groupes dans la mondialisation, l’impact de la numérisation sur l’économie.
Des travaux portent sur les mutations du système productif. Ils explorent les évolutions des chaînes mondiales d’approvisionnement, ainsi que les transitions numérique et environnementale.
Les recherches sur le travail portent sur les transformations des conditions de travail, les dispositifs de sécurisation des projets professionnels et d’accompagnement des individus.
Les travaux sur les revenus et la protection sociale analysent la formation, distribution et évolution des revenus, les dynamiques salariales et la protection sociale.
L’Ires mène également des travaux en liaison avec des chercheurs extérieurs à l’Institut, en France comme en Europe (Institut syndical européen, Etui ; réseau Trade Union Research Institutes, Turi et ses membres proches des organisations syndicales).
Le soutien de l’effort de recherche des organisations syndicales via l’Agence d’objectifs
La programmation et la réalisation des études de l’Agence d’objectifs sont menées par chaque organisation syndicale. Les résultats sont mis à la disposition de l’ensemble du mouvement syndical et du public.
Des ressources documentaires mises à disposition par un Centre de documentation
Le centre de documentation de l’Ires met à disposition les principales publications et travaux de recherche des organisations syndicales. Il fait partie de réseaux professionnels visant à mutualiser les documents et pratiques documentaires et assurer une veille sur les thèmes com-muns de travail et de recherche. Il s’intéresse également à la conservation des supports avec le Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale. La base documentaire du Centre de documentation est consultable via le site.
Moyens
Les ressources de l’Institut sont assurées par une subvention publique de l’État et par des conventions de recherche. Son budget est de l’ordre de 2,8 millions d’euros. Il permet de financer l’effort de recherche des organisations syndicales, via l’agence d’objectifs, et de faire fonctionner le centre commun de recherche et de documentation, composé d’une équipe de recherche et d’un pôle de soutien à la recherche et de services généraux.
L’équipe de recherche se compose d’une vingtaine de chercheurs permanents et associés, issus de différentes disciplines : économie, sociologie et science politique notamment.