2009, date de naissance de la firme multinationale Uber, marque le début d’une petite révolution dans nos manières de travailler, de produire et d’échanger. Le terme ubérisation, entré désormais dans le langage courant, souligne l’ampleur du phénomène à travers la multiplication à grande échelle d’entreprises-plateformes, assurant la mise en relation d’un client et d’un prestataire sur la base d’un système numérique de collecte, de traitement et de diffusion d’informations en vue de son organisation et sa gestion. La particularité de ces entreprises, comme intermédiaires numériques, est d’imposer aux utilisateurs leurs propres conditions d’accès et d’usage de leur interface.
Dans le cas de la plateforme Uber, notre recherche s’est focalisée sur l’organisation et la gestion de la relation des chauffeurs à la plateforme, laissant de côté les clients. Dans une démarche mobilisant différents matériaux, théoriques (articles, rapports, textes de lois) et empiriques (presse, monographies, entretiens, enquêtes de terrain), plusieurs dimensions de cette relation ont été identifiées, discutées et analysées. Nous avons pu ainsi identifier quatre axes ou thématiques de recherche.
Ubérisation, espace public et parties prenantes : vers une nouvelle configuration des relations d’emploi et de travail dans les territoires ?