Les associations sont historiquement perçues comme des lieux d’engagement. Pourtant, elles sont également des lieux de travail, pouvant être marqués par des tensions entre militantisme et salariat. À travers le cas d’une mobilisation syndicale émergente dans un réseau associatif, dont l’activité principale est le financement et l’accompagnement d’autres organisations, notre article met en lumière ces tensions, et interroge la faible place accordée aux régulations formelles et collectives des relations professionnelles. Nous cherchons ensuite à comprendre comment peut se construire une légitimité syndicale dans ce contexte, en analysant les ressorts, freins et spécificités de l’implantation puis de l’action syndicales. Nous constatons qu’au nom de l’engagement revendiqué par l’organisation, employeurs et salarié·es font appel à un régime d’exception à l’égard du droit du travail et du syndicalisme.