Ce numéro varia de La Revue de l’IRES accueille cinq articles qui traitent des pratiques syndicales et des formes de représentation du personnel dans des espaces professionnels très contrastés. Le premier article analyse la mise en œuvre du droit d’expression directe et collective des salarié·es en entreprise. Alors que cette modalité d’expression est largement approuvée par les organisations syndicales au sein du « dialogue professionnel », l’article interroge la manière dont les travailleurs et les travailleuses s’en saisissent concrètement, sur la base d’une enquête de terrain conduite dans trois structures aux caractéristiques variées. L’analyse met au jour des usages pluriels de ce dispositif par les personnels en entreprise et ses conditions de possibilité.
L’article suivant explore les représentations et les usages de la notion de développement syndical au sein de la CFDT. Bien que considéré par la plupart des responsables de l’organisation comme une nécessité pour sa survie, le développement reste une notion peu définie, discutée et parfois contestée sur le terrain. Si certain·es le considèrent comme une affaire de spécialistes et d’expert·es, d’autres le conçoivent d’une manière plus large, intégrée à toute pratique syndicale. Cette notion joue toutefois un rôle mobilisateur dans la dynamique syndicale : elle stimule l’innovation et renforce les liens collectifs.
Deux contributions mettent ensuite en lumière le rapport à la syndicalisation de travailleurs et travailleuses éloigné·es du syndicalisme. Le premier article analyse l’expérience d’un collectif de travailleurs et travailleuses sans papiers employé·es dans la filière « déchets » et ayant été confronté·es à des formes d’hyper-exploitation. Avec l’appui de la CGT, ces salarié·es se sont organisé·es avec succès pour faire valoir leurs droits et revendiquer leur régularisation. L’article retrace à la fois la mobilisation et ce qui l’a rendue possible, mais aussi le devenir du collectif à moyen terme. Le deuxième article explore quant à lui une mobilisation syndicale dans le secteur associatif, où l’on repère de fortes tensions entre l’engagement dans la cause défendue et le respect des conditions de travail. Malgré la faible place accordée aux régulations formelles des relations de travail, une légitimité syndicale a pu se construire à la faveur du mouvement contre la réforme des retraites, permettant l’émergence d’une mobilisation.
Le dernier article vise à questionner l’unité des enseignant·es syndiqué·es à la CGT à partir d’une analyse de leurs conceptions et pratiques d’engagement. Au vu de leur nombre restreint, on aurait pu s’attendre à une certaine homogénéité : mais, si cette population partage certaines conceptions et pratiques associées à l’action collective, elle est traversée par des différences suffisamment marquées pour que les auteur·es distinguent six profils suivant leur rapport à l’engagement et leurs propriétés sociales et professionnelles.
Sommaire du numéro
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Un droit sans voix ? Les conditions de la mise en œuvre du droit d’expression directe et collective
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Paradoxes, contradictions et dilemmes du développement syndical : le cas de la CFDT
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D’une hyper-exploitation au développement d’un pouvoir d’agir : mobilisation et devenir d’un collectif de sans-papiers dans la filière déchets
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Faire du syndicalisme dans la production engagée, improbable mais pas impossible
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Six profils pour une bannière : Quelles conceptions et pratiques d’engagement des enseignant·es cégétistes ?
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English abstracts