Issu du colloque « Le “sens du travail” : enjeux psychiques, sociaux et politiques de l’activité », qui s’est tenu les 3 et 4 octobre 2024 au Cnam, à Paris, ce numéro spécial de La Revue de l’IRES se donne pour objectif d’explorer les usages empiriques du sens du travail par les acteurs syndicaux.
Dans un contexte marqué par l’intensification du travail, la mise sous tension des organisations et la fragilisation des collectifs, la « perte de sens » constitue aujourd’hui une formulation fréquemment mobilisée par les salarié·es pour exprimer les contradictions qu’ils et elles rencontrent dans l’exercice de leur activité. En s’attachant à faciliter la révélation du travail « réel », certaines organisations syndicales peuvent relayer cette question du sens, voire en faire un levier de mobilisation collective.
Le premier article de ce numéro témoigne des pratiques syndicales dominantes, qui se préoccupent davantage du « sens de l’emploi » que du « sens du travail ». Ceux qui suivent montrent comment les organisations syndicales interviennent d’abord comme actrices de l’enquête et de production de savoirs situés sur le travail, puis comme relais des expériences vécues par les travailleurs et travailleuses, et enfin, dans certaines conditions précises, comme actrices de mobilisation.